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Guide pratique

Faire un diagramme de Gantt dans Excel

Le graphique à barres empilées que proposent la plupart des tutoriels est joli en capture d'écran et pénible à vivre : il faut le reparamétrer à chaque tâche ajoutée. La mise en forme conditionnelle donne un meilleur résultat, et elle tient en deux formules.

Mis à jour le 17 septembre 2026 · 14 min de lecture · Excel sous Windows

Le tableau de départ

Un planning lisible tient dans quatre colonnes. Le reste — pourcentages d'avancement, responsables, budgets — s'ajoute plus tard, à droite, sans rien casser.

ABCD
1TâcheDébutDuréeFin
2Étude02/11/2026506/11/2026
3Commande09/11/2026413/11/2026
4Montage16/11/2026623/11/2026
La colonne D est calculée, jamais saisie. C'est ce qui permettra au planning de se recaler tout seul quand une durée change.

La formule de la colonne D, en D2 puis recopiée vers le bas :

=SERIE.JOUR.OUVRE(B2;C2-1;$Z$1:$Z$20)

Le -1 n'est pas une coquette : sans lui, une tâche d'un jour finirait le lendemain de son début. La durée compte le jour de démarrage. La plage $Z$1:$Z$20 contiendra les jours fériés — nous y venons.

Si votre Excel est en anglais

SERIE.JOUR.OUVRE s'y appelle WORKDAY, et les points-virgules deviennent des virgules. Excel traduit automatiquement à l'affichage : une formule saisie en français dans un Excel français reste correcte pour un collègue dont l'interface est en anglais.

L'échelle de dates

À droite du tableau, une colonne par jour. En F1, la première date ; puis chaque colonne ajoute un jour :

F1 :  =B2
G1 :  =F1+1      puis recopier vers la droite sur 60 à 120 colonnes

Sélectionnez toute la ligne 1 à partir de F, réglez le format de nombre personnalisé sur j pour n'afficher que le quantième, et donnez aux colonnes une largeur de 2,5. Vous obtenez une trame dense et lisible.

Une deuxième ligne d'en-tête rend le planning beaucoup plus confortable — le mois, affiché une seule fois par mois :

F2 :  =SI(MOIS(F1)<>MOIS(E1);MAJUSCULE(TEXTE(F1;"mmm aaaa"));"")

Les barres, par mise en forme conditionnelle

C'est ici que la méthode se sépare du graphique à barres empilées. Plutôt que de dessiner, on colore : chaque cellule de la grille se demande si sa date tombe dans la tâche de sa ligne.

  1. Sélectionnez la grille, de F3 jusqu'à la dernière colonne et la dernière tâche.
  2. Accueil → Mise en forme conditionnelle → Nouvelle règle → Utiliser une formule.
  3. Saisissez la formule ci-dessous, puis choisissez un remplissage vert.
=ET(F$1>=$B3;F$1<=$D3)

Le placement des $ est tout le secret. F$1 fige la ligne : quelle que soit la cellule, on regarde toujours la date de l'échelle, en haut. $B3 et $D3 figent la colonne : on regarde toujours le début et la fin de la tâche, à gauche. Sans ces dollars, la règle se décale et colore n'importe quoi.

AFGHIJKL
12345678
3Étude
4Commande
Du lundi 2 au vendredi 6 novembre : cinq cellules colorées pour cinq jours ouvrés. Le 7 et le 8 sont un samedi et un dimanche.

Jours ouvrés et jours fériés français

Le planning est juste, mais la barre traverse les week-ends : la tâche a l'air de durer plus longtemps qu'elle ne dure. Deux corrections s'imposent.

Déclarer les jours fériés

Placez-les dans une colonne à l'écart — Z1:Z20 dans nos formules. Six d'entre eux ont une date fixe (1er janvier, 1er mai, 8 mai, 14 juillet, 15 août, 1er novembre, 11 novembre, 25 décembre). Les trois autres dépendent de Pâques, qui se calcule par cette formule — la voici pour l'année en A1 :

' Dimanche de Pâques
=ARRONDI(DATE(A1;4;1)/7+MOD(19*MOD(A1;19)-7;30)*14%;0)*7-6

' Les trois fériés qui en découlent
Lundi de Pâques   = Pâques + 1
Ascension         = Pâques + 39
Lundi de Pentecôte = Pâques + 50

Vérification faite dans Excel : cette formule donne le dimanche 5 avril 2026, le dimanche 28 mars 2027 et le dimanche 16 avril 2028. Elle est juste de 1900 à 2199.

Ne colorer que les jours travaillés

Remplacez la règle de mise en forme conditionnelle par celle-ci :

=ET(F$1>=$B3;F$1<=$D3;JOURSEM(F$1;2)<6;NB.SI($Z$1:$Z$20;F$1)=0)

Deux conditions s'ajoutent : JOURSEM(F$1;2)<6 écarte le samedi et le dimanche — l'argument 2 fait commencer la semaine le lundi, ce qui donne 6 et 7 pour le week-end. Et NB.SI(...)=0 écarte les dates présentes dans la liste des fériés.

Ajoutez une seconde règle, en gris pâle cette fois, pour teinter les colonnes de week-end sur toute la hauteur du planning. La lecture devient immédiate :

=JOURSEM(F$1;2)>5
L'exemple qui prouve que ça marche

Une tâche de 4 jours ouvrés démarrant le lundi 9 novembre 2026 se termine le vendredi 13, et non le jeudi 12 : le mercredi 11 novembre est férié, la formule l'a sauté. C'est précisément ce qu'un planning fait à la main oublie une fois sur deux.

Aujourd'hui, retards et jalons

Le trait d'aujourd'hui. Une troisième règle, appliquée à toute la grille, avec une bordure gauche épaisse et rouge :

=F$1=AUJOURDHUI()

Les retards en rouge. Ajoutez une colonne Avancement en E (de 0 à 100 %), puis une règle prioritaire :

=ET(F$1>=$B3;F$1<=$D3;$D3<AUJOURDHUI();$E3<100%)

Toute tâche dont la fin est passée alors qu'elle n'est pas terminée s'allume. Placez cette règle au-dessus de la règle verte dans le gestionnaire, et cochez « Interrompre si Vrai » : l'ordre des règles décide de la couleur affichée.

Les jalons. Une tâche de durée nulle ne produit aucune barre. Donnez-lui une durée de 1 et une règle dédiée qui affiche un losange, via un format personnalisé de cellule "◆" sur fond transparent.

Là où cette méthode s'arrête

Ce planning est honnête et vous appartient. Trois choses lui manqueront le jour où le projet grossit.

Tant que votre planning tient sur un écran et bouge une fois par semaine, la méthode ci-dessus suffit largement — et c'est pour cela que ce guide existe. Au-delà, il faut un moteur qui recalcule les dépendances à chaque geste.

Et si vous ne voulez pas le maintenir vous-même

Le module reprend tout ce qui précède et ajoute ce que les formules ne savent pas faire : on attrape une tâche à la souris, on l'allonge, et les tâches qui en dépendent se recalent seules — en jours ouvrés, chemin critique affiché.

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Questions fréquentes

Pourquoi ne pas utiliser un graphique à barres empilées ?

C'est la méthode la plus citée, et la plus pénible à vivre : il faut masquer la première série, inverser l'axe des catégories, reparamétrer l'échelle à chaque changement de période, et le graphique ne suit pas l'ajout d'une tâche. La mise en forme conditionnelle se recalcule toute seule et s'imprime correctement.

Comment gérer les congés de l'équipe, en plus des jours fériés ?

Ajoutez-les simplement à la même colonne que les jours fériés : SERIE.JOUR.OUVRE et NB.SI traitent toutes ces dates de la même façon. Pour distinguer les congés par personne, il faut passer à SERIE.JOUR.OUVRE.INTL et une plage par ressource.

Mon planning couvre deux ans : faut-il 730 colonnes ?

Non. Passez à une échelle hebdomadaire : F1 reste la date de début, G1 devient =F1+7, et la règle compare des semaines plutôt que des jours. Vous gardez une lecture d'ensemble, au prix de la précision journalière.

Peut-on imprimer ce planning proprement ?

Oui, à condition de figer les volets sur les colonnes A à D, de définir la zone d'impression et de cocher « Répéter les colonnes à gauche » dans la mise en page. Sans cela, les pages 2 et suivantes sortent sans le nom des tâches.

La mise en forme conditionnelle ralentit-elle le classeur ?

Elle est recalculée à chaque modification de la feuille. Sur 30 tâches et 120 colonnes, c'est imperceptible. À partir de quelques milliers de cellules concernées et plusieurs règles superposées, la saisie devient sensiblement moins fluide : réduisez l'échelle ou limitez la plage aux colonnes réellement utilisées.

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